Critic Baby a le plaisir de vous présenter l’inerview de notre auteur, Pierre Brandao

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J’ai le plaisir de vous présenter l’interview de Pierre Brandao, auteur de

ECART de MEMOIRE

Monsieur Brandao, vous écrivez des romans policiers mais vous êtes également poète, ces deux genres ne sont-ils pas à l’opposé l’un de l’autre ?

PB : Le plaisir de l’écriture m’est venu par la poésie. A l’école primaire, je bafouillai mes ressentis de cette manière et lorsque j’ai atteint l’adolescence, j’ai appris les rudiments de la prosodie grâce à un poète de Compiègne, Gilles Sorgel. J’ai compris alors que pour donner au verbe toute sa saveur, il fallait l’accompagner de rythme, d’images, de force : tous les ingrédients qui découlent naturellement de l’étude de la prosodie. Plus tard, lorsque je me suis mis à écrire des romans, je me suis aperçu à quel point l’enseignement acquis pour la poésie trouvait son fondement dans cette forme littéraire. Alors, non, au contraire : je pense que ces deux genres ne sont pas opposés l’un à l’autre, ils sont parallèles et même complémentaires.

Ecart de mémoire mélange les genres : réalisme de la scène de crime et fait de société : le personnage de Dominique Toine est inspiré de la réalité, n’aviez-vous pas peur que mélanger ces deux histoires ne vous nuise, votre public étant habitué à un style d’enquête beaucoup plus classique ?

PB : Ce fut une véritable gageure ; j’amorçais avec « Ecart de mémoire » une double approche : celle d’une confidence d’amie à ami, et celle du romancier désireux de composer une histoire originale. Le premier point ne fut pas forcément laborieux, mais il était délicat : Dominique Toirne (nom fictif), en se retrouvant dans les parties « intimistes » du roman, a « revécu » au présent les tourments de son passé. Quant à moi, il m’a fallu beaucoup d’empathie pour écrire des scènes en me mettant à la place de Dominique, quand elle était bébé, enfant, adolescente puis femme moderne. A sa propre histoire, j’y ai mêlé de la fiction : trois destins particuliers qui se découvrent au cœur d’une découverte macabre.

Le personnage d’Isabelle est un peu en retrait, va-t-elle revenir dans ses prochaines aventures plus en devant de la scène ?

PB : Effectivement, le rôle d’Isabelle Loubry est un peu plus effacé que dans les précédents opus. Cependant, il demeure important puisque c’est par elle que passe la non-communication. Pour comprendre, je renvoie le lecteur à l’ouvrage… Dans «  Les ronds-points de la colère », le roman en instance d’écriture, sa responsabilité d’enquêtrice sera plus appuyée.

Pensez-vous que le fait d’étoffer la catégorie Polar avec l’arrivée de Michael Penn et de Marc Fourez soit bénéfique pour la promotion de vos romans policiers ? Qu’IPE se tourne davantage vers le policier est-ce une bonne chose ?

- PB :  Pour la première question, cela me semble évident : les auteurs de romans policiers –je n’aime pas trop le terme « polar », trop péjoratif car signifiant trop souvent « roman de gare-, s’adressent à un large public friand du genre. Le lecteur aime la nouveauté, la surprise, et s’il est fidèle à un auteur, cela ne l’empêche nullement d’essayer une autre plume. Et c’est tant mieux pour tout le monde, écrivain comme public !

- Pour la deuxième partie de la question, bien sûr que je vois d’un très bon œil l’avancée certaine des Editions Pauletich vers ce genre littéraire. Plus de choix, basés sur une sélection rigoureuse, donnera un cachet et des lettres de noblesse à cette maison.

Vous avez deux préfaces de personnes prestigieuses, se sentent-elles impliquées dans votre livre, maintenant qu’il est sorti ? Vous-même, seriez-vous flatté d’écrire une préface, si oui pour quel auteur ?

PB : La réponse appartient à mes deux préfaciers ! Je suis déjà flatté et heureux que Jean-Claude Bourret et Jean-Jacques Pécheux (journaliste et colonel honoraire pour le premier, et colonel de réserve pour le second) se soient impliqués en écrivant un chaleureux préambule !

Quant à ce qui me concerne, j’ai eu le plaisir d’écrire une préface pour un recueil de poèmes de l’auteure québécoise Luce-Ile Lavoie. L’exercice est difficile mais très motivant ! Je n’ai pas de nom d’écrivain qui me vienne en tête ; je pense que j’accepterai d’écrire un avant-propos si une œuvre –plus que l’auteur- me plait et me remue.

La catastrophe naturelle qui a causé de gros dégâts en Charente Maritime vous a profondément marqué et on le comprend, vous avez écrit une poésie qui a été publiée dans un grand journal, pouvez-vous nous en parler ?

PB : Les événements derniers qui se sont produits en Charente-Maritime ont bouleversé le quotidien des charentais et des vendéens. L’ampleur des dégâts est telle que des images se bousculaient pendant plusieurs jours. Il a fallu exorciser par les mots ce ressenti, ce que j’ai fait en écrivant ce poème. C’était à l’époque du Printemps des poètes, où le texte fut lu à l’occasion d’un récital donné à Marsilly. Les mots ont touché le public, aussi j’ai décidé de le proposer à plusieurs médias, dont RCF et SUD-OUEST. Ceci est un témoignage pour marquer ma solidarité envers les sinistrés.

Le village de Marsilly, cher à votre cœur a souffert, sera-t-il à nouveau semblable à celui où l’on voit Isabelle enquêter ?

PB : Les lecteurs se souviendront sûrement de mon roman « Quai des cicatrices ». Marsilly vivra mais la marque du temps n’effacera pas de sitôt ce qui s’est passé… Reconstruire est primordial, mais on sait sur quoi le littoral ressuscitera… N’oublions jamais que les éléments naturels restent et demeurent sauvages : à nous de respecter ces préceptes de vie, pour être le plus en harmonie possible avec la Terre qui nous accueille.

Vous êtes gendarme, vos romans sont-ils totalement fictifs ou vous basez-vous en partie sur des faits réels ?

PB : Les histoires –sauf la dernière pour une grande partie basée sur la vie de Dominique Toirne- sont complètement fictives. Cependant, l’exercice de mon métier et mon cursus m’obligent à ne pas usurper la réalité de la procédure pénale. J’essaie dans la mesure du possible d’être le plus crédible possible, en m’inspirant du droit français. Pour m’y aider, plusieurs camarades spécialistes me livrent leurs conseils : gendarme cynophile, brigade nautique, spécialistes en identification criminelle, enquêteurs… Je profite de cette question pour les remercier et leur témoigner toute mon admiration pour le travail qu’ils fournissent au quotidien.

Si vos livres étaient portés à l’écran, qu’elle actrice incarnerait le mieux Isabelle pour vous ?

PB : C’est une excellente question ! Je vous promets de la poser à Isabelle Loubry, mais je connais déjà sa réponse : celle qui pourra l’incarner est l’actrice qui se sentira la plus en adéquation avec sa philosophie de la vie !

Regardez-vous des séries policières et aimez-vous lire des romans policiers ? Qui vous inspire le plus ?

PB : Je préfère de loin la lecture. Fred Vargas, Patricia Cornwell, Stieg Larsson, Luc Bossi, mais bien d’autres encore… Mon goût pour la littérature est hétéroclite, je n’ai pas de préférence en particulier. Quant aux séries policières, je n’accroche pas au sensationnalisme qui en découle et qui laisse croire au côté super-héros des enquêteurs.

Avez-vous envie de surfer sur la vague « mentalist » qui a le vent en poupe, avec la série du même nom, ou médium ?

PB : J’ai beaucoup de mal avec ces séries télévisées ; je pense qu’on peut construire une bonne histoire tout en restant crédible. Cependant, on peut tout de même s’interroger sur quelques « cas » où la frontière cartésienne passe dans le domaine du « pourquoi pas »…

La police scientifique, les tests ADN peuvent-ils vous inspirer ?

PB : Bien sûr ! Il existe des domaines scientifiques où la criminologie peut largement s’inspirer. Ce sont des matières absolument indispensables aujourd’hui pour l’enquêteur ou l’auteur d’un roman policier qui souhaite rester crédible dans sa narration.

Quelles sont vos influences littéraires ?

PB : Celles qui rentrent dans l’inconscient collectif je suppose. Et puis, par la fréquentation des divers salons du livre, on rencontre différents auteurs et on apprend à les apprécier. Pour avoir travaillé sur le personnage de Maigret, j’ai beaucoup fréquenté « Simenon ». Son passage dans les terres charentaises y est pour quelque chose !

Quels sont vos projets futurs dans l’écriture ?

PB : Je finalise un traité de prosodie à l’attention des poètes, un recueil de nouvelles en direction de la jeunesse, un cinquième roman policier qui se passera sur la Charente-Maritime, et intitulé « les ronds-points de la colère ». J’ai également un projet d’écriture de nouvelles basées sur des histoires vraies, pas forcément criminelles, mais dont le développement surprendra les lecteurs. Ensuite… on verra !

Avez-vous effectuez des recherches particulières pour écrire cet ouvrage ?

PB : Pour « Ecart de mémoire » ? Oui ! Les recherches ont commencé par une grande écoute déjà, afin de rédiger le mieux possible les sentiments de Dominique Toirne. Ensuite, j’ai écrit la trame policière sur différents axes : la prostitution, la délinquance, le milieu informatique, la forêt de Vouvant-Mervent en Vendée… Pour chacun, il a fallu effectuer des recherches par Internet, me rendre sur les différents lieux, prendre des photos, m’en inspirer. Ecrire un roman n’est pas anodin : c’est peindre une tranche de vie en la souhaitant la plus réelle possible.

Actuellement, la rédaction de « Les ronds-points de la colère » m’entraîne dans des mondes totalement inconnus pour moi : les tatouages, l’ADN, les bikers… Je m’amuse ! Et dans ma soif de savoir, j’ose espérer entraîner le lecteur !

Que tirez-vous de l’aventure magnifique qui part de l’écriture d’un livre jusqu’à sa publication et à l’intérêt des lecteurs ?

PB : Je pense avoir une chance extraordinaire : celle de ne pas vivre de mes écrits. Ce qui me permet d’avoir un réel détachement de ces derniers tout en les considérant comme les enfants de mon âme. Lorsque le mot prend la forme d’un livre, ce dernier est destiné à être partagé. Le plaisir de feuilleter est l’un des plus puissants élixirs du plaisir ! On sait que notre esprit va plonger dans le mystère, dans la découverte, dans l’antre de l’auteur. Et quand la dernière page est tournée, si aucun sentiment ne transparaît, si aucun échange ne nait, alors l’auteur a failli à sa tâche. Ma satisfaction personnelle : l’éclat dans la prunelle de mon lecteur lorsqu’il me commande un deuxième ouvrage. La magie a opéré !

Si vous étiez un héros, au quel vous identifieriez-vous ?

PB : Heuuu… Je ne me prends pas pour un autre, c’est déjà assez difficile d’être d’abord soi-même ! Quoi ? c’est une réponse de normand ? Bon… ben je ne sais pas… Don Quichotte ?

Si vous étiez une époque, laquelle seriez-vous ?

PB : Le XIX° siècle : je m’y serai plu sans difficulté si j’avais eu la chance d’avoir une éducation correcte.

Si vous étiez une célébrité, vers laquelle vous sentiriez-vous la plus proche ?

PB : Rossinante, le cheval de Don Quichotte…

Si vous étiez un film, dans lequel seriez-vous le plus à l’aise ?

PB : Le cercle des poètes disparus (je prendrai bien le rôle du cercle)

Si vous étiez une citation, laquelle vous inspirerait le plus ?

PB :  « Je ne suis pas du tout d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » de Voltaire. D’autant plus vrai aujourd’hui, ce qui me fait penser qu’il était visionnaire !

Si vous étiez un livre, lequel seriez-vous ? (exclu Ecart de Mémoire, sourire !)

PB : Même si la réalité « procédurale » est particulièrement meurtrie dans son œuvre policière, je garde un mémorable souvenir du roman « Pars vite et reviens tard » de Fred Vargas.

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